ETUDES & RECHERCHES

EVALUATION DU RISQUE DE SURDITE PROFESSIONNELLE DANS LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION METALLIQUE  
MESURE ENVIRONNEMENTALE ET EVALUATION PAR L’ IPA.

K. HAJAIJ1 , L.KAHOUACH1, M.HAMADI2, M. FADHEL1 , H. BOUSLAH3, M. HADRICHE3 ,CHERIF L3. AOUADI1, A.SAID1, H. RAMMEH1, H. NOUAIGUI1, M. BEN LAIBA1,

Quelle est l’incidence des ATG ? Quelles en sont les caractéristiques, les victimes, les activités pourvoyeuses... ? C’est pour répondre à ces questions que nous avons entrepris cette étude sur les ATG survenus durant l’année 1998 chez les affiliés de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), organisme qui centralise les données relatives aux AT pour le secteur privé.

OBJECTIFS :
1) Estimer l’incidence des ATG survenus sur le lieu de travail.
2) Identifier les facteurs associés à la fréquence de ces ATG.

MATERIEL ET METHODE :
Il s’agit d’une étude descriptive exhaustive portant sur tous les ATG survenus sur le lieu de travail, chez tous les affiliés de la CNSS durant l’année 1998. L’ATG a été défini comme étant tout AT non mortel justifiant de l’attribution d’un taux d’incapacité permanente (IP). Les caractéristiques des ATG ont été analysées conformément aux éléments descriptifs classiques préconisés par le BIT.

Deux indicateurs ont été étudiés : l’incidence (nombre de nouveaux cas) et l’indice de fréquence (IF) : incidence/nombre de travailleurs exposés, pour 1.000 travailleurs.

RESULTATS ET DISCUSSION :
Durant l’année 1998, la CNSS a enregistré chez ses 975.700 affiliés, 38.262 AT dont 35.650 (93%) sont survenus sur le lieu de travail. Parmi ces derniers, 1.723 sont des ATG (87,6% de tous les ATG) représentant un IF de 1,77 ATG p. 1.000 travailleurs. Ces ATG sont responsables, en moyenne de 158 jours d’arrêt de travail (5 mois) soit huit fois plus que la durée moyenne d’arrêt pour un AT.

Le taux moyen d’IP est de 15,6% par ATG. On retrouve 46% des ATG dans trois gouvernorats : Sfax, Sousse et Tunis. Cependant, les IF les plus élevés sont à Gabès et Kasserine (3,96 et 3,82 ATG p 1.000 travailleurs), suivis de Sfax et Mahdia (3,08 et 3,05). La répartition par secteur d’activité économique est de 48% pour les industries manufacturières, 21% pour le BTP, 7% pour les services, 4% pour le transport, et 2% pour les industries extractives. Cependant les IF les plus élevés sont dans le BTP (2,82 p 1.000) et dans les industries extractives et manufacturières (2,09 et 2 ,05).

Les hommes, qui représentent 76% des affiliés, ont un IF de 2,13 p 1.000 contre 0,69 pour les femmes, soit un risque trois fois plus élevé de faire un ATG. Si les victimes de moins de trente ans font plus fréquemment des ATG, celles de plus de trente ans gardent plus souvent des séquelles. Quarante trois pour cent des ATG surviennent chez un travailleur ayant moins d’un an d’ancienneté d’affiliation (dont 1/3 pendant le premier mois), alors que durant la même période survient 28% des AT.

Parmi les métiers les plus concernés par les ATG, on peut citer les menuisiers et les ouvriers spécialisés du bâtiment (13% et 11% des ATG). Dans 50% des cas, la main est touchée et dans 21% des cas ce sont les membres inférieurs.

CONCLUSION :
La CNSS couvre le risque professionnel de 40% de la population active. Cette couverture, relativement importante dans le secteur industriel (manufacturières : 80%, autres : 65%), reste encore faible dans des secteurs à main d’œuvre très variable comme le BTP et l’agriculture (couverture BTP : 41%, agriculture : 15%). Ceci laisse une part d’inconnu dans la connaissance sur les ATG. Néanmoins, en ce qui concerne la population de notre étude, les données permettent de dégager des cibles prioritaires d’actions préventives contre la survenue d’ATG, comme les travailleurs de moins de trente ans, ceux ayant moins d’un an d’ancienneté à leur poste et ceux travaillant dans la menuiserie ou le BTP.

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